Deux jours à Venise pour découvrir Homo Faber

deux-jours-venise-homo-faberEn septembre dernier, j’ai eu la chance d’être invitée par la fondation Michel Angelo pour découvrir leur toute première exposition entièrement dédiée à l’artisanat et la créativité : Homo Faber. Autant vous dire qu’à la lecture du mail, j’ai sauté de joie ! Moi qui baigne dans la création et l’art manuel depuis mes treize ans (âge où j’ai commencé mes premiers cours aux Beaux-arts), j’allais pouvoir observer de mes propres yeux les œuvres et le savoir-faire des meilleurs artisans européens ! Vite, j’ai sauté dans l’avion !

JOUR 1

Atterrir à Venise, c’est plonger au coeur de la Dolce Vita (la douceur de vivre). Tout ce que touche les yeux n’est que beauté et poésie. Et ça commence par ce trajet en bateau qui m’amène de l’aéroport jusqu’à ma première excursion. C’est ma deuxième fois ici et pourtant je redécouvre les lieux avec un regard neuf. Il faut dire que mon précédent passage fut un peu chaotique, signant la fin d’une histoire d’amour entre deux étudiants.

J’étais l’étudiante. À peine le temps d’évoquer ces souvenirs que me voilà arrivée à ma première destination. L’entreprise textile Luigi Bevilacqua m’ouvre ses portes pour me dévoiler ses secrets de fabrication. Ici, le temps semble s’être arrêté pour préserver des techniques de tissages vieilles de plusieurs siècles. J’admire les étoffes anciennes, les velours fait-main et les jacquards épais. Les tissus, conçus dans la pure tradition vénitienne, servent la Haute Couture, les églises, les palais, les hôtels. Le Kremlin, la Maison Blanche, ou encore Philippe Starck sont quelques figures de prestige qui ressortent parmi tant d’autres noms cités. La visite se poursuit avec l’observation des tisserands à l’ouvrage sur leur métier à tisser (des jeunes femmes, pour la plupart) , et c’est tout un art nouveau mais ancestral que je découvre. Le travail, physique et minutieux, demande une patience et une concentration exemplaire pour faire naître les lourdes étoffes. Je quitte ces magiciennes avec regret, les laissant en tête à tête avec ces machines dont elles seules ont le secret.

entreprise-textile-luigi-bevilucqua tessiture-luigi-bevilucqua-venizia luigi-bevilucqua-italie-fabrics luigi-bevilucqua-italie-fabricsvenise-romantic-view-canaux vue-de-venise-by-nightJe profite d’un petit temps libre pour flâner sur les ponts de Venise et déambuler dans les ruelles étroites. Loin des idées clichées qu’on s’en fait, les décors qui s’offrent à moi sont surtout très beaux. Les gondoles, les canaux, les bateaux… cette ville se passe de mot. Ou du moins un seul persiste. Romantique.

20h30 et c’est déjà l’heure du dîner. Au Aman Venice, s’il vous plaît. L’hôtel 7 étoiles où George Clooney s’est marié. Il faut dire que le lieu est somptueux, magistral, orgueilleux, mais c’est au Hilton Venice que cette première journée s’achève, dans les draps soyeux d’une superbe chambre d’hôtel.

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JOUR 2

L’exposition Homo Faber fut à la hauteur de mes espérances et même au-delà ! Pour s’y rendre, il faut d’abord embarquer sur un petit bateau depuis Venise, pour amarrer sur l’île de San Giorgio Maggiore où se niche l’évènement. De là, commence le voyage en poésie. Je déambule dans les cloitres de l’ancienne abbaye bénédictine pour découvrir les quatorze espaces qui recouvre les quatre mille mètres carrés. Chaque nouveau lieu est une nouvelle surprise.

exposition-homo-faber-2018Exposition-homo-faber-2018 L’exposition est un véritable hommage à l’artisanat et au savoir-faire manuel. Mes yeux ébahis se posent sur une broderie, une main qui peint, un artiste qui travaille le bois. Comme pour contrer l’ère du digital, les matières premières ici reprennent leur droit, leur noblesse, et nous rappellent que ces gestes ancestraux ne doivent pas être oubliés. Parce qu’ils sont beaux. Parce qu’il en faut. Parce que l’homme, de ses mains, sait faire naitre l’intelligence du geste.

Exposition-homo-faber-2018-2homo-faber-exposition-artisanat-veniseexposition-artisanat-mode-homo-faberL’un de mes espaces préférés ? L’ancienne piscine municipale des années 60, réadaptée en culte mode par la célèbre créatrice d’exposition Judith Clark, pour accueillir des pièces emblématiques de Dolce & Gabanna, Louis Vuitton, Chanel, Alaïa, Jacquemus… plissage, tricot, tissage, modelage, sculpture, cette collection est une ode à la création !

Homo-faber-exhibition-2018Juste le temps de découvrir les deux espaces imaginaires conçut par l’architecte India Mahdavi, architecte et designer parisienne, que c’est déjà presque la fin. C’est beau, c’est paisible et c’est sensible à la fois. J’ai envie de pleurer et je ne veux pas quitter cette île où le temps semble être ralenti. Je sais qu’à peine de retour à la maison, je recommencerai à pianoter sur mon clavier les yeux rivés vers mes écrans, que tout ira trop vite dans un univers trop superficiel, et ça, c’est bien loin des essentiels de l’artisanat.

Ah si ! Tout de même… ça sert à vous raconter.

Raconter ce que j’ai eu la chance de voir, pour à votre tour, vous inspirer !

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Un grand grand merci à Gabrielle et Vincent de l’agence 14 Septembre, ainsi qu’à la fondation Michelangelo et en particulier à Alberto Cavalli que j’ai eu la chance de rencontrer, pour la superbe invitation et le merveilleux séjour !

Photos : Artlex et Loïck Le Meur

 

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