KRAV MAGA

Voilà un sacré moment que j’avais envie de vous écrire un article concernant le sport de combat que je pratique depuis presque deux ans, le Krav Maga. Au-delà de vous décrire une simple discipline, j’avais surtout envie de vous relater mon expérience personnelle, celle qui m’a poussé à découvrir ce sport, comment je l’ai adopté et ce qu’il m’apporte désormais au quotidien. Traitant d’un sujet peu abordé sur les blogs, je me dis que cet article pourra peut-être parler à quelques personnes…

Le krav maga, pourquoi ?

 

J’ai grandi au côté d’un papa de très grande stature et très « grande gueule », qui n’avait jamais peur de rien ni de personne. J’ai donc puisé dans cet exemple pour y forger mon propre caractère… Plutôt grande (1,77 m) et avec une personnalité bien trempée (je suis Corse ^^), je n’avais pas peur de grand-chose. Il en fallait plus pour m’impressionner. Comme beaucoup d’entre vous, je m’étais déjà fait plusieurs fois « emmerder dans la rue », mais j’avais toujours réussi à désamorcer les situations par des réponses bien trempées, qui remettaient à leur place les concernés. De ce fait, j’en avais déduit que je réussirais toujours à « gérer » en cas de problème, et qu’il ne pouvait pas m’arriver grand chose.

Jusqu’au jour où… un matin, à Paris, sur le chemin du travail, je me suis fais agressée. Après m’être dégagée d’une étreinte forcée, l’agresseur – sans doute  désinhibé par l’alcool ou la drogue –  n’a pas voulu en rester-là. Il a cassé sa bouteille pour en faire une arme tranchante qu’il a prise par le goulot, et m’a poursuivi avec, dans le but de me la planter dans le corps. C’était la première fois que je voyais autant de folie et de haine dans un regard, et je ne sais pas comment je m’en serais sorti, si des policiers en vélo n’étaient pas passés par-là, par le plus grand des hasards. Suite à cet épisode,  la peur s’est immiscée en moi, et elle a fini par ne plus me quitter. J’étais constamment hantée par l’image de ce fou que rien n’aurait pu raisonner, et cela se répercutait dans mon comportement de tous les jours. Je ne pouvais plus marcher dans la rue sans me retourner plusieurs fois, ou sans changer de trottoir régulièrement. À mes yeux, tout le monde était un potentiel suspect. Mes angoisses sont arrivées à leur apogée une année plus tard, à Lyon. Un soir, en allant chercher ma fille à la crèche, je fus confrontée à un nouveau problème. Après m’être fait bousculer sur le trottoir par une personne en vélo, j’ai râlé, quelque chose comme « vous ne pouvez pas faire attention ». Malheureusement, la personne est revenue sur ses pas, s’est mis à rouler à mes côtés, en m’aboyant que c’était à moi de m’écarter de son chemin, puis, en plein délire, a commencé à tenir des propos humiliants et haineux contre les femmes (qu’on se ferait toutes violer, qu’on ne méritait que ça, que je n’étais qu’une merde, je vous en passe et des meilleurs), jusqu’à m’imposer de baisser les yeux. Bien que je m’étais tue depuis un bon moment déjà (comprenant l’état de démence du gars), je n’ai pas voulu baisser les yeux, lui expliquant calmement que j’avais encore le droit de regarder où je voulais. S’est ensuivi alors un véritable bras de fer – de regards -, jusqu’à ce qu’il stoppe son vélo, m’empoigne et me menace violemment avec son poing, en m’ordonnant une dernière fois de baisser les yeux, sinon… j’ai lâché prise, non sans une certaine amertume et avec les félicitations humiliantes de mon agresseur (c’est bien, tu es une bonne fille, voilà, t’as enfin compris c’est qui qui commande, etc). Cette fois-ci, j’étais face à quelqu’un de parfaitement lucide, qui allait tout simplement me frapper si je ne me pliais pas à « ses règles ». Ces deux agressions, bien que très différentes l’une de l’autre m’ont fait prendre conscience d’une chose : j’étais finalement un être humain très vulnérable, qui était dans l’incapacité totale de se défendre face à une déferlante de violence. Cette prise de conscience encra définitivement en moi la peur du tout. Pour tenter de parer cela, je me suis procuré une bombe lacrymogène, qui devint, pendant près de deux ans, l’extension de ma main. De jour comme de nuit, elle ne me quittait plus, et sans trop savoir comment m’en servir, j’étais prête à la dégainer à la moindre occasion. En pleine psychose, j’étais devenue une sorte de victime ambulante, avec toujours, cette peur incessante au ventre. Et puis, un jour, allait savoir pourquoi, j’en ai eu marre. Marre de ne plus être moi. Marre de devoir combiner avec mes hantises, d’avoir peur de tout, de tout le monde et tout le temps. Alors, je me suis installée devant mon ordinateur et j’ai tapé sur Google ces mots clés qui allaient changer le cours des choses : sport de self-défense Lyon.

Le Krav Maga, comment ?

 

Je ne sais plus comment, ni par quels liens j’en suis arrivée-là, mais j’ai fini par atterrir sur le site du club Krav Maga Lyon.

K.R.A.V. M.A.G.A. Mais que signifiait ce mot étrange que je n’avais jamais entendu jusqu’alors ? J’ai décortiqué toutes les pages du site pour en découvrir davantage sur les origines, les principes et les courants de ce mouvement. Entre self-défense et attaque, le Krav Maga, d’origine israélienne, regroupe les meilleures techniques de sports de combat et d’arts martiaux, pour permettre à quiconque de pouvoir se défendre et contre-attaquer dans la rue, de manière efficace. Après avoir fait ses preuves auprès de l’armée Israélienne dans les années 50′, il fut très vite adopté par les services d’ordre du monde entier (armée, police, service secret, etc) jusqu’à, depuis peu, être enseigné à des gens comme vous et moi. (et aussi feu le couple Brad-Angelina, et Jessica Alba, fans de ce sport qu’ils pratiquent plusieurs heures par semaine. Potin people Bonjour^^)

En pleine période de rentrée scolaire, le club proposait des cours d’essai et j’y suis donc allée. Une heure a suffi à me convaincre de m’inscrire. Avec des mots justes, notre professeur nous a exposé des situations très concrètes d’agressions de rue et nous a montré comment s’en dégager. On m’attrape par le bras, comment je réagis ? On s’approche de moi de façon énervée, qu’est-ce que je fais ? On me saisit à la gorge, comment je me dégage ? Au cours des démonstrations qui illustraient ses propos, quelque chose m’a tout de suite frappé : la simplicité des gestes que le professeur nous expliquait. Des gestes de défenses très simples, qu’on ne penserait pas à appliquer si on ne les connaît pas, et qui nous semble pourtant si évident une fois qu’on les apprend. L’un des exemples qui m’avait particulièrement frappé ce jour-là, est celui où notre prof nous explique qu’en cas de saisie à la gorge, nous disposons d’exactement 8 secondes pour réagir, suite à quoi, du fait d’un manque d’oxygène, on commence à perdre connaissance. 8 secondes, ce n’est pas une durée suffisante pour s’en sortir, si on ne connaît pas la technique. Alors que c’est si facile d’apprendre le petit geste pour se dégager, et qui peut nous sauver sa vie… À travers ce cours « découverte », j’ai compris qu’au-delà d’une simple initiation, j’allais acquérir, une par une, toutes les petites clés qui m’avaient tant manqué pour me sentir forte lors de mes agressions. Libre à moi d’arriver à les utiliser ou pas lors d’une prochaine fois (en espérant qu’il n’y en ait pas), mais au moins, je ne serai plus « faible ». Je saurai. Voilà comment, tout naturellement, j’ai donc débuté ma première année de Krav Maga à Krav Maga Lyon, aux côtés de professeurs tous plus instructifs les uns que les autres.

Après en avoir pratiqué 1h30 par semaine l’année dernière, je pratique désormais ce sport près de 5h par semaine cette année, car je me suis rendu compte qu’il me fait du bien. Autant physiquement que mentalement. Mes peurs d’antan ont peu à peu disparu et je retrouve jour après jour confiance en moi, et en l’inconnu. Signe ultime que je suis sur la bonne voie ? J’ai récemment confié ma bombe lacrymogène à la jeune nounou qui garde parfois Emma, pour les soirs où elle rentre tard. Ce jour-là, je me suis dit que j’avais fait un grand pas. 😉

Et si on en faisait ensemble ?

 

J’ai attendu longtemps avant d’écrire cet article car je voulais avoir un peu plus d’expérience et de recul sur le sujet, afin de pouvoir correctement vous en parler. N’étant encore qu’une « bébé-Krav Magaienne », je n’ai pas la prétention de vouloir vous enseigner quoi ce que soit. Cependant, j’ai suffisamment observé pendant tout ce temps pour pouvoir vous dire que ce sport convient à tout type de morphologie, de taille, de poids, d’âge et de sexe. Basé sur les réflexes naturels, il s’assimile vite et les gestes se retiennent facilement. À la portée de tous, le Krav Maga est bénéfique sur tant de plans qu’il me tenait à coeur de vous le présenter et pourquoi pas, vous proposer de vous lancer !

Et si on faisait un cours de Krav Maga ensemble ?

À l’occasion de la journée de la femme, Krav Maga Lyon propose un cours « découverte » de Krav Maga spécialement dédié aux femmes, le mercredi 8 Mars, de 20h à 21h15, dans la salle de Jean Jaurès. Ce cours vous est proposé à 5 euros : la totalité de la somme sera reversée à l’association Solidarité Femmes. Loin de mes ateliers DIY habituels, je vous invite à venir découvrir et partager à mes côtés un petit bout de mon sport favori ! Si vous êtes intéressées, inscrivez-vous en envoyant un mail à l’adresse suivante, contact@kravmagalyon.com, en me mettant en copie (contact@leblogdartlex.com) pour que j’en sois informée. N’hésitez pas à me poser toutes les questions que vous souhaitez par mail. 🙂 Alors, on se retrouve là-bas ? J’y serai pour vous accueillir, avec ma tenue officielle de Krav Maga en plus (tee-shirt blanc classique et jogging noir) et mon look de Tomb Raider en moins !

Brassière Reebook // Tee-Shirt Nike // Legging Minkpink // Baskets Nike // Gants de boxe Adidas // Mitaines Decatlhon

Merci à Steve (que vous voyez sur les photos, et qui n’est autre que le directeur du club Krav Maga Lyon mais également le président technique de la Fédération européenne de Krav Maga – rien que ça-) pour sa disponibilité et s’être prêté au jeu de ce shooting. Merci à Pascal, du Lion dans la penderie pour ses photos toujours au top. Merci à Marine et Robin du salon Issone Coiffure pour cette folle coiffure. Merci à Leila pour ce superbe maquillage contouring. Je vous réserve un petit article dédié spécialement aux détails de la coiffure et du Make-up. ^^ Enfin, Merci à Inès pour son aide précieuse tout au cours du projet. 

4 Commentaires

  • ginie
    26 février 2017 à 15 h 39 min

    Bonjour!

    Alors c’est pas la sujet mais t es superbe comme ça!
    Je connais ce sport de nom, et ça m’intéresse depuis un moment mais j’ai peur que se soit trop violent. Peur de me prendre un coup mal placé (mon visageuuu)… ça m’a toujours refroidie :/

    En tout cas bravo pour ton assiduité. 5h par semaine… voilà ce qui explique en partie ta ligne de folie 😉

    Bises

    • artlex2013
      27 février 2017 à 9 h 49 min

      Hello Ginie, Merci pour tes compliments ! Sincèrement, c’est très rare de se prendre un coup dans la tête, car nous aprennons à contrôler nos gestes et dans l’apprentissage des techniques, nous ne devons pas toucher l’adversaire. Donc les cas sont minimes. 🙂
      Si ca te dit, joins toi à nous pour le cours d’essai !

  • Soraya
    27 février 2017 à 9 h 30 min

    Merci pour ce partage! J’hésitais à m’inscrire à ce stage pour découvrir ce club mais le climat ambian autour de mon lieu de travail et ton expérience m’ont convaincue. Heureusement, les mots m’ont suffi pour l’instant (presque) mais je ne vais pas attendre de croiser ce genre de sale type pour me décider.
    Allez, j’envoie mon mail! Mais il me semblait qu’il fallait aussi un certificat médical?

    • artlex2013
      27 février 2017 à 9 h 44 min

      Hello Soraya ! Super de t’y voir là-bas ! Non, il ne faut pas de certificat médical pour ce cours d’essai. Il faudra fournir un certificat lorsque (et si) tu t’inscris pour l’année (en septembre prochain). Tu peux donc venir comme tu es, avec un bas de jogging noir et un tee-shirt blanc ! J’ai hâte ! Bises !

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